Une journaliste franco-syrienne rencontre des lycéens par Alice Nowakoski

Mardi 10 février, des lycéens ont assisté à une conférence donnée par Hala Kodmani au lycée Marguerite de Navarre

Dans le cadre du programme d’HGGSP (Histoire-Géographie-Géopolitique-Sciences-Politiques), des élèves de première du Lycée Alain ont retrouvé des élèves de Marguerite de Navarre afin d’en apprendre davantage sur les conflits qui secouent le Proche-Orient.

Une couverture médiatique difficile

Hala Kodmani, journaliste pour Libération depuis une quinzaine d’années et responsable de la couverture des conflits au Moyen-Orient, a relaté à propos du conflit israélo-palestinien : « C’est un bouleversement inédit, ou, en tout cas, un conflit inédit  ». En effet, elle a expliqué à une assemblée attentive, que ce conflit étonne et diffère par son traitement médiatique.
Isolée du reste du monde, l’enclave de Gaza, a été un sujet difficile à traiter car aucun correspondant n’a pu se rendre sur place, au cœur de l’actualité. Hala Kodmani a indiqué aux lycéens que la seule manière d’avoir des informations provenait de ses contacts internes ou via des ONG, qui, souvent au péril de leur vie, ont permis d’apporter au reste du monde de rares images ou témoignages.
Elle a ensuite présenté un bref résumé de l’histoire du conflit, de son origine, en passant par les différents accords et traités qui ont ponctué la relation israélo-palestinienne. Elle a conclu cette première partie en rappelant qu’il « fut assez brutal et violent » mais, que suite aux accords de paix signés en décembre 2025, la situation semble s’apaiser entre les deux Etats".

Syrie : un pays marqué par la guerre civile

Lors d’une seconde partie de présentation, la journaliste est revenue sur les conflits internes qui secouent son pays natal depuis plus de 14 ans. En effet, après plus de 60 ans d’un régime autoritaire et 14 ans de guerre civile, le régime de Bachar El Assad s’est effondré début 2024 face à l’attaque djihadiste lancée depuis le Nord de la Syrie. Ce mouvement terroriste n’était pas le seul à revendiquer la libération du pays. Il y avait aussi le mouvement indépendantiste kurde au Nord-Est et des rebelles de la province d’Idlib. Chacun espérait, pour des raisons différentes, la fin de ce régime. A la fin de l’année 2024, les djihadistes ont lancé l’assaut sur Damas et ont triomphé en quelques jours, ce qui, pour Hala Kodmani, a démontré « la grande fragilité du régime qui, finalement, n’avait pas besoin de grand-chose pour s’effondrer ». Elle a retenu que l’arrivée au pouvoir d’Ahmed Al-Charaa a été l’occasion de libérer les prisonniers politiques qui, pour certains, étaient incarcérés depuis plusieurs décennies. Elle a pu constater le « soulagement que la population a ressenti lors de la chute de Bachar El-Assad ».

Fin des conflits : et après ?

Hala Kodmani a déclaré qu’en Syrie, « ce qui a considérablement changé, c’est l’air de liberté complètement inédit qui se ressent, non seulement en Syrie, mais aussi pour les autres pays du monde arabe ». Elle s’est dite surtout heureuse pour sa famille restée là-bas et l’ensemble des syriens qui peuvent espérer voir leurs conditions de vie s’améliorer. Elle espère aussi que la France pourra trouver sa place dans les négociations entre les minorités pour une meilleure cohabitation et pourra régler le problème des prisonniers incarcérés en Syrie. Elle a terminé la rencontre en ces termes « la situation n’est pas encore parfaite, mais son évolution permet d’espérer mieux pour l’avenir ».

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