Pourquoi si peu de femmes dans les filières technologiques ? Une enquête en France et en Espagne réalisée par les élèves de STI2D et STL Erasmus + Séjour mars 2026
Dans le cadre d’un projet Erasmus à Malaga, les élèves de STL et de STI2D du lycée
Alain ont mené une réflexion collective sur un enjeu sociétal majeur : la place des
femmes dans les filières technologiques. Ce sujet, au coeur des débats sur l’égalité
des genres, s’est imposé naturellement lors de nos visites et échanges avec des
professionnels, des enseignants et des élèves espagnols.
À travers des observations concrètes — comme la répartition déséquilibrée des genres
dans les classes technologiques de nos lycées respectifs (Alain en France et Jesús
Marín en Espagne) — et des entretiens avec des femmes évoluant dans ces
domaines, nous avons cherché à comprendre les causes de cette sous-représentation
féminine. Pourquoi les filières comme la mécanique, l’électricité ou l’informatique
attirent-elles si peu de filles, alors que d’autres domaines scientifiques, comme la
chimie ou la biologie, sont majoritairement féminins ?
Ce travail s’articule autour de trois axes :
1. Un constat : le déséquilibre persistant entre les genres dans les filières
technologiques, aussi bien en France qu’en Espagne.
2. Une analyse : les freins sociétaux, culturels et psychologiques qui expliquent
cette situation, à travers les témoignages recueillis.
3. Des solutions : des pistes pour encourager une meilleure mixité, en agissant
sur les stéréotypes, l’orientation et la promotion de ces métiers auprès des
jeunes filles.
Notre objectif ? Montrer que le genre ne doit pas déterminer un parcours, et que
chaque individu, quelle que soit son identité, doit pouvoir s’épanouir dans le domaine
de son choix, sans barrières ni préjugés.
Un constat :
Pendant ce voyage, nous avons pu faire plusieurs activités comme des visites :
la visite de l’Instituto Politécnico Jésus Marin, de l’usine de dessalement de l’eau, du
centre de valorisation des déchets, du centre de recherche international sur le solaire
thermique d’Almeria. Nous avons aussi participé à la reforestation de la zone
d’enfouissement des déchets avec les élèves espagnols.
Les femmes n’ont pas toujours été présentes dans le monde du travail, mais
maintenant elles sont de plus en plus nombreuses. Cependant elles ne sont pas si
nombreuses dans les filières technologiques comme la mécanique ou dans tous les
métiers d’électricité, par contre elles sont beaucoup plus nombreuses que les hommes
dans certaines filières scientifiques comme la chimie ou la biologie. On se demande
donc pourquoi il y a cette répartition déséquilibrée et comment rééquilibrer les genres
dans ces filières.
Présentation des lycées :
En FRANCE
Dans le lycée Alain, on trouve 2 filières technologiques, la STL et la STI2D. Ces
formations durent 2 ans dans le lycée, de la première à la terminale avec des classes
moins nombreuses que dans une classe générale.
La STL (Science Technologique de Laboratoire) comporte les spécialités
physique chimie et mathématique, biologie et biochimie, et la SPCL
(enseignement spécifique Sciences Physiques et Chimiques en
Laboratoire)
La STI2D (Sciences Technologiques de l’Industrie et du Développement
Durable) comporte les spécialités physique-math et au choix la spécialité
EE (Énergie et Environnement), ITEC (Innovation Technologique et Éco-
Conception) ou encore SIN (Systèmes d’Information et Numérique).
Pour les cours de tronc communs comme l’histoire ou la philosophie, les classes de
STL et une des classes de STI2D ont le même enseignement.
Ces formations permettent aux élèves d’améliorer leur pratique et d’apprendre
autrement que par le biais des cours magistraux (apprentissage qui ne convient pas
à tout le monde).
Terminale STL, il y a 4 filles et 5 garçons,
Terminale STI2D1, il y a seulement 2 filles et 21 garçons
Terminale STI2D2 (2ème classe), il n’y a aucune fille pour une vingtaine de
garçons.
On peut remarquer un grand déséquilibre dans la filière STI2D. Mais il n’y a pas qu’un
déséquilibre seulement entre les élèves, on constate également moins de femmes
parmi les enseignants des matières technologiques. A l’inverse, les femmes sont
majoritaires en physique chimie ou la SVT où les hommes sont peu nombreux.
En ESPAGNE
Au lycée Jésus Marin, les formations de la première à la terminale, sont
beaucoup plus variées : architecture, génie civil, image et son, administration, science,
électricité, automobile, informatique et électronique.
En sciences, en première, il y a 22 élèves pour 9 filles ; et en terminale, il y a 28
élèves pour 14 filles.
En filières électronique, électricité et automobile, il n’y a aucune fille.
En informatique, Il y a 2 filles sur 28 élèves.
En architecture, génie civil, il y a 50 élèves dont 90% sont des filles.
En image et son, il y a 200 élèves dont 40% sont des filles
En administration, il y a 250 élèves dont 50% sont des filles.
Moins de filles s’intéressent aux filières technologiques. Pourtant il y a quand
même des professeurs femmes dans la filière technologique, que nous avons pu
interroger sur leurs parcours.
En conclusion, malgré des différences de spécialités ou d’effectif, nos deux
lycées rencontrent le même problème : un manque de diversité de genre dans les
filières technologiques.
Analyse :
Pour comprendre les raisons de ce déséquilibre, nous avons interrogé plusieurs
femmes scientifiques et professeures lors de nos visites au sein de l’usine de
dessalement, du centre de recherche en solaire thermique et au sein du lycée Jésus
Marin. (voir les interviews en espagnol, audio et vidéo...). Les réponses les plus
fréquentes évoquent des problèmes de discrimination ou que les femmes ne sont pas
encuragées à aller vers ces filières même si elles le veulent. Un sentiment de solitude
peut aussi les pousser à choisir d’autres voies par crainte d’être les seules filles ou
femmes dans ces domaines. Pourtant, celles qui ont choisi cette voie ne le regrettent
pas.
Les difficultés rencontrées au cours de leur carrière sont souvent d’ordre
misogyne. Elles ne sont pas soutenues, voire elles seraient même repoussées mais
chacune d’elles ont sû montrer qu’elles avaient leur place, que nous avons toutes
notre place.
À la question : Quel conseil donneriez-vous aux jeunes filles qui veulent se lancer
dans cette filière ? Chaque femme interviewée nous a répondu qu’il fallait croire en
soi, ne pas écouter les critiques ou discriminations, et oser se lancer et faire ce que
nous aimons.
Conclusion et solutions :
C’est ainsi qu’une question se pose : Comment rééquilibrer les genres dans les
filières technologiques ? Que ce soit sur le plan scolaire ou encore dans le monde du
travail cet écart de genre n’est pas normal, nous devons y remédier.
Mais alors quelles solutions nous envisageons ?
En se penchant sur la question on a d’abord analysé la source du problème : la
discrimination des filières technologiques scolairement parlant et le manque de
promotion des métiers technologiques auprès des femmes.
Alors, ensemble nous pensons qu’une intervention et une popularisation de
ces filières est primordiale. Nous devons informer les gens sur ce parcours si peu
emprunté par les filles ou les femmes. Nous nous devons de familiariser les gens
avec ces métiers et voies scolaires. Notre genre ne définit pas notre parcours et ne
doit pas être un frein pour accomplir ce que l’on veut devenir.
Écrit par :
Hennebel Jolynn en classe de Terminale STL
Perrier Inès en classe de Terminale STI2D1
Annexes
Diaporama Centre traitement des Eaux
Interviews
https://podeduc.apps.education.fr/v...
https://podeduc.apps.education.fr/video/147556-interview-doublee-consuelo/
https://podeduc.apps.education.fr/video/147557-interview-centre-traitement-eau/
Documents joints
rapport_egalite_genre_filieres.pdf
- PDF - 60 kio
diaporama_centre_traitement_eau.pdf
- PDF - 1 Mio
