Lynn et Yuna, deux latinistes lauréates nationales d’un concours de l’AMOPA

Lundi 1° juin 2026, Lynn Motreff et Yuna Bouisset, deux élèves du lycée Alain, se sont rendues à Paris pour recevoir chacune dans leur catégorie (Seconde / Première) un premier prix national. Elles avaient participé à un concours organisé par l’AMOPA, « L’œuvre au fil des mots » et ont emporté la victoire. La cérémonie s’est déroulée dans le Grand Salon de La Sorbonne. D’autres prix étaient distribués, récompensant des élèves scolarisés en France et à l’étranger, qui ont brillé en mathématiques, poésie, éloquence, récitation, musique, … Nos deux élèves latinistes ont été ravies de recevoir leurs prix ainsi qu’un livre sur la vie d’Henri Matisse, de rencontrer le romancier Bernard Werber et de partager un moment unique avec des camarades de tous âges issus de divers écoles, collèges et lycées français et étrangers.
Leurs camarades Louis et Hugo se sont rangés à la deuxième place au niveau départemental.
Trois étudiants de BTS 2, Evans, Antoine et Fahri ont aussi été sélectionnés au niveau départemental.

https://amopa.asso.fr/palmares-des-...

La consigne consistait à décrire un tableau sous la forme d’une ekphrasis.

Yuna a choisi L’Incendie de Rome peint par Hubert Robert, Lynn un tableau de Nicolas Poussin, L’Enlèvement des Sabines :
https://commons.wikimedia.org/wiki/...

Ainsi commencent leurs ekphrasis :

Lynn :
« Je ne sais pas exactement à quel moment la paix familière de la matinée s’est rompue, ni de quel côté le premier cri a surgi. Ce que je me rappelle, ce qui me revient d’un seul coup, comme un coup de vent brûlant, c’est la sensation d’un silence démembré, d’un souffle du monde qui s’interrompt avant de hurler. Je me trouvais là, parmi les femmes qui discutaient encore des préparatifs du jour, les doigts encore poudrés de farine, la tunique encore imprégnée de l’odeur du foyer, quand la place s’est figée l’espace d’un battement de cœur, puis s’est déchirée d’un fracas inouï. Les Romains apparaissaient déjà. Ils ne venaient pas : ils tombaient sur nous, comme des pierres roulées du sommet d’une montagne, inexorables, rapides, dévastateurs. »
Yuna :
« Les cris, partout ! Près, loin, partout ! Je ne reconnais plus les voix... Quel est ce chœur de supplices qui s’élève jusqu’à moi ? Soudain mon sort me devient indifférent. Le leur aussi. J’entends la peur dans les cris qui s’élèvent, je devine les lèvres dont ces cris s’échappent dans l’obscurité. Je devine les visages d’humains terrifiés. Pourtant, ce ne sont pas des voix d’hommes, de femmes, d’enfants, pas même des cris d’animaux... Ce sont des cris de cauchemars, des cris de monstres, des cris d’agonie ! Ce n’est pas un son, c’est une douleur. C’est le sang dans ma bouche qui a goût de peur. C’est un métal liquide, un fleuve de mille larmes qui coule sur tout mon corps comme un millier de lames. C’est un son qui domine dans le vacarme. C’est un son qui couvre les autres sons, plus macabre. »

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